Un pas important dans la lutte contre l’homophobie

Ce matin, la Commission des Affaires Juridiques (CAJ) du Conseil national a décidé de donner suite à mon initiative parlementaire « 13.407 – Lutter contre les discriminations basées sur l’orientation sexuelle ». Il s’agit d’une décision importante en faveur de la lutte contre les discriminations.

En effet, les membres de la commission ont – par une claire majorité de 14 à 10 – accepté le principe d’une modification de l’article 261bis du Code pénal luttant contre le racisme, afin de l’étendre à la discrimination basée sur l’orientation sexuelle.

Cette décision répond à une nécessité urgente. En effet, si notre Constitution interdit la discrimination fondée sur le mode de vie (art. 8, al. 2), un vide juridique existe dans la répression des incitations à la haine basées sur l’orientation sexuelle des individus. Les auteurs de propos homophobes ne sont donc pas punissables, faute de base légale. Une personne homosexuelle n’est pas considérée comme atteinte dans son honneur lorsque des propos homophobes sont proférés à l’encontre de la communauté homosexuelle, les tribunaux estimant que le groupe visé par les déclarations n’est pas assez déterminé pour que la personne soit touchée directement dans son honneur. La jurisprudence confirme ce vide juridique.
Notons d’ailleurs que, lors de l’Examen périodique universel 2012 de l’ONU[1], plusieurs Etats (le Canada, la Norvège ou encore l’Irlande) ont pointé du doigt ce problème en recommandant une adaptation de notre législation.

Alors que l’on constate une augmentation de l’homophobie dans toute l’Europe, la plupart des pays qui nous entourent ont pris des mesures pour s’adapter à cette réalité. La Suisse n’est pas épargnée par ce phénomène. Le peu de données à disposition sur ce domaine confirment cette tendance. Surtout, au-delà des chiffres, ce sont des souffrances et des drames humains. En Suisse, un jeune homosexuel sur cinq fait une tentative de suicide. Pouvons-nous rester les bras croisés face à cette situation ? Evidemment, cette initiative parlementaire ne règlera pas tout (la prévention et la sensibilisation doivent être renforcées) mais elle pose une limite importante : les propos homophobes ne sont pas les bienvenus dans notre pays.

 La Suisse s’est construite sur le principe du respect des minorités. Il est primordial de maintenir cette cohésion sociale et de lutter contre les discriminations. C’est un magnifique signal que viennent de donner les parlementaires fédéraux. La balle est dans le camp de la commission du Conseil des  Etats.

[1] L’Examen Périodique Universel (EPU) est un processus unique, consistant à passer en revue les réalisations de l’ensemble des Etats membres de l’ONU dans le domaine des Droits de l’Homme. Il s’agit d’un processus mené par les Etats, sous les auspices du Conseil des Droits de l’Homme.

Au 12:45 de la RTS pour les 20 ans de l’Initiative des Alpes

Le 20 février au téléjournal 12:45 de la RTS pour faire le bilan, 20 ans après l’acceptation par le peuple de l’initiative des Alpes.
Le peuple l’a dit et confirmé : il veut une protection des Alpes, une limitation du trafic de transit dans nos régions alpines et le transfert de la route vers le rail pour le trafic de marchandises. Sa volonté doit enfin être respectée !

L’invité de la rédaction au Journal du Matin (RTS)

J’ai eu le plaisir d’être l’invité de la rédaction du Journal du Matin de la RTS le 20 février.
Au programme : 25 minutes de discussion sur l’Initiative des Alpes (votée par le peuple en 1994 mais toujours pas vraiment appliquée), la loi d’application de l’initiative Weber, le mode de scrutin électoral en Valais, le futur de la Suisse, les relations avec l’Europe ou encore l’enseignement des langues.

20 ans de l’Initiative des Alpes

En 1994, le peuple acceptait l’Initiative des Alpes et ancrait dans la Constitution la protection des Alpes, la limitation du trafic de transit dans les zones alpines et le transfert de la route vers le rail pour les marchandises transitant d’une frontière à l’autre de notre pays.
Depuis, le Conseil fédéral et le Parlement ont tout fait pour retarder l’application de cet article constitutionnel et remettre en question le choix populaire.
D’importants investissements ont été réalisés dans les Nouvelles Lignes Ferroviaires à travers les Alpes (NLFA). Les Valaisan-ne-s peuvent déjà en apprécier les conséquences, avec le tunnel du Lötschberg.
Toutefois, les objectifs de limitation du nombre de poids lourds transitant par les Alpes ne sont toujours pas respectés et on parle même aujourd’hui de construire un 2e tube routier au Gothard. Ce manque de respect de la volonté populaire et de la Constitution n’est pas acceptable!

Pour les 20 ans de l’acceptation du texte, l’Initiative des Alpes (dont je suis membre du comité) organisait une conférence de presse à Berne. Voici mon intervention, en français et en allemand.

14.02.20_20ansinitiativedesalpesfr