L’initiative de l’exploitation

Le 9 février prochain, le peuple se prononcera sur l’initiative contre l’immigration, qui ne conduira qu’à une péjoration des conditions des travailleurs de notre pays.

L’initiative manque de sérieux : elle mélange des problématiques différentes, en mettant dans le même panier les requérants d’asile, les travailleurs européens, les frontaliers ou encore les segundos vivant dans notre pays depuis des années. Les graphiques et chiffres publiés par les initiants (annonçant l’arrivée imminente d’une Suisse à 16 millions d’habitants) montrent le peu de considération que certains accordent à l’intelligence des électeurs.Les partisans semblent également oublier, avec leur texte, que près d’un demi-million de Suissesses et de Suisses vivent dans un pays de l’Union européenne, s’y forment ou y travaillent. Est-ce vraiment un détail ?

L’initiative est dangereuse pour l’économie : elle isole la Suisse et la coupe de son principal partenaire (60% de nos exportations vont vers l’UE). Après dix ans de voie bilatérale, près de 600’000 emplois ont été créés dans notre pays. Difficile d’y
être indifférents. Il suffit d’ouvrir les yeux pour observer le besoin de personnel étranger dans de nombreux secteurs : la santé, l’agriculture, le bâtiment, le tourisme, la restauration,…

L’initiative est inefficace : le système des contingents qui est proposé n’est pas nouveau. Il a été utilisé durant des décennies en Suisse avant l’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) et n’a jamais ni freiné l’immigration ni permis d’éviter des crises. La seule conséquence concrète de la restauration des contingents, c’est la suppression des mesures d’accompagnement, qui sont juridiquement liées à l’ALCP.

Le PS et les syndicats ont un discours clair sur la libre circulation : pour que nous la soutenions, il faut des mesures pour assurer qu’elle profite à toute la population. Ainsi, des investissements sont de toute façon nécessaires dans les infrastructures (FAIF est un excellent exemple), dans la formation (formation continue, stratégie contre la pénurie de personnel qualifié,…), dans la conciliation travail-famille (crèches, congé parental,…) ou encore dans le marché du logement (pour assurer des loyers accessibles). Surtout, les mesures de protection des travailleurs doivent être renforcées (salaire minimum, développement des CCT, lutte efficace contre le travail au noir et le dumping salarial en général, mesures dans les zones frontalières,…).

L’initiative de l’UDC ne résout aucun de ces problèmes. Pire, les élus de ce parti votent systématiquement à Berne contre toutes les mesures évoquées ci-dessus. Vous parlez d’incohérence !?

Finalement, ce que veut l’UDC, ce n’est pas la suppression de l’immigration. C’est une immigration sans aucune protection des travailleurs. C’est la fin des mesures d’accompagnement. C’est le retour au statut de saisonnier. C’est la libre exploitation des travailleurs ! NON le 9 février !

Des plans d’études ambitieux et harmonisés pour l’école de demain !

Depuis quelques mois, le débat est intense dans la presse alémanique au sujet du Lehrplan 21 (LP 21), plan d’études pour la scolarité obligatoire des 21 cantons germanophones ou plurilingues de notre pays. En Suisse romande, la chose peut étonner, étant donné que la mise en place du Plan d’études romand (PER) s’est déroulée dans un climat constructif et sans grands combats politiques.

Le 21 mai 2006, le peuple a accepté à plus de 85% la modification des articles constitutionnels sur la formation. Ainsi, l’article 62 de la Constitution affirme, dans son alinéa 4, la nécessité d’une « harmonisation de l’instruction publique concernant la scolarité obligatoire, l’âge de l’entrée à l’école, la durée et les objectifs des niveaux d’enseignement et le passage de l’un à l’autre, ainsi que la reconnaissance des diplômes ». Ainsi, tant le PER que le LP 21 répondent à une demande constitutionnelle et visent à harmoniser les objectifs de l’enseignement et les attentes particulières en fin de chaque « cycle » scolaire. Cela s’inscrit dans la ligne du concordat HarmoS et apporte une avancée importante en termes d’égalité des chances et de cohésion nationale. Comment pourrait-on justifier qu’un aussi petit pays que la Suisse puisse encore connaître 26 programmes scolaires différents ?

Le PER : principaux points positifs


En Suisse romande, le PER est progressivement entré en vigueur depuis 2011. Dans la quasi-totalité des cantons romands, tous les élèves ont donc aujourd’hui le PER comme programme scolaire. Pour l’utiliser quotidiennement depuis trois ans au Secondaire I, je peux témoigner de la qualité de ce programme. Contrairement à ce qu’affirment certains milieux réactionnaires, le PER ne laisse pas de côté les savoirs de base et n’implique nullement la suppression totale d’un enseignement de type « frontal ». Des objectifs élevés dans les apprentissages de base sont évidemment maintenus. Parallèlement aux domaines disciplinaires, le PER accorde  une place importante à une formation générale, dont les visées prioritaires  sont abordées dans différentes disciplines : l’éducation en vue du développement durable (qui participe à la création de l’esprit critique des  élèves sur cette thématique), l’éducation à la citoyenneté (qui prépare les  élèves à la participation active en tant que citoyens), l’orientation  professionnelle, la prévention sur les problématiques liées à la santé ou  encore l’utilisation des MITIC (Médias, Images, Technologies de l’Information  et de la Communication). Concrètement, on travaillera par exemple dans  différentes disciplines sur la question de la gestion de l’eau, au niveau local  et international, en amenant les élèves à une réflexion sur cette problématique  actuelle. Cela devrait permettre de répondre à ceux qui, à gauche, estiment que  le PER ou le Lehrplan 21 ne sont que des projets néo-libéraux. Enfin, le plan  d’études romand vise aussi le développement des compétences pratiques et  sociales des élèves (collaboration, communication, créativité,…). Ces éléments  sont extrêmement positifs ! Le Lehrplan 21 va également dans ce sens, même s’il s’agit encore de renforcer certains aspects, comme le demande le PS.

Des moyens sont indispensables

Pour le PER comme pour le Lehrplan 21, ces objectifs ambitieux demandent des moyens. L’apprentissage de deux langues étrangères (une deuxième langue nationale puis l’anglais) doit rester un but prioritaire et demande des conditions idéales à l’école (classes de petite taille, matériel adapté,…). De manière générale d’ailleurs, des ressources suffisantes doivent être assurées au personnel enseignant pour la réalisation de ces objectifs élevés. En outre, les manuels scolaires adaptés au nouveau plan d’études doivent être assurés dès l’entrée en vigueur du Lehrplan 21, ce qui n’a pas été le cas dans pour certaines disciplines avec le PER. De manière générale, les cantons doivent également investir dans la formation continue des enseignants et assurer des conditions optimales en classe. Il est indispensable de s’opposer fermement à tous les programmes d’austérité touchant l’éducation et menaçant ainsi la qualité de l’école. Il nous faut, au contraire, obtenir des investissements supplémentaires pour la scolarité obligatoire.

L’école : une priorité pour le PS

Le climat actuel nous confirme au moins une chose : le PS doit se battre pour ne pas laisser ce thème à l’extrême-droite. Nous devons nous engager pour défendre une école ouverte, tolérante, qui intègre chaque enfant. Une école à laquelle sont attribuées des ressources suffisantes. Une école aux objectifs élevés et tournés vers la pratique. Une école qui prépare de futurs citoyens et développe l’esprit critique des jeunes.


Les plans d’études ambitieux et harmonisés, ainsi que des moyens suffisants pour leur application, sont des éléments centraux pour y parvenir.


Die Schule von morgen braucht ambitionierte und harmonisierte Lehrpläne

Seit einigen Monaten wird in der Deutschschweizer Presse eine intensive Debatte über den Lehrplan 21 (LP 21) geführt. Mit diesem Lehrplan soll die obligatorische Schule in den 21 ganz oder teilweise deutschsprachigen Kantonen harmonisiert werden. Diese Kontroverse sorgt in der Romandie für Erstaunen, denn das Westschweizer Pendant, der Plan d’études romand (PER), wurde in einem konstruktiven Klima und ohne nennenswerte politische Auseinandersetzungen eingeführt.  Am 21. Mai 2006 nahm das Stimmvolk mit mehr als 85 Prozent Ja-Stimmen die neuen Bildungsartikel in die Verfassung auf. In Artikel 62, Absatz 4, der Verfassung wird seither die Notwendigkeit einer „Harmonisierung des Schulwesens im Bereich des Schuleintrittsalters und der Schulpflicht, der Dauer und Ziele der Bildungsstufen und von deren Übergängen sowie der Anerkennung von Abschlüssen“ bekräftigt.


Sowohl der LP 21 wie auch der PER setzen also nur einen verfassungsmässigen Auftrag um. Nämlich den Auftrag, die Lernziele zu harmonisieren und einen Katalog von spezifischen Fähigkeiten zu definieren, welche die Schülerinnen und Schüler zum Abschluss der jeweiligen Stufe beherrschen sollen. Damit folgt der LP 21 der im HarmoS-Konkordat vorgegebenen Linie und bringt einen gewichtigen Fortschritt im Hinblick auf die Chancengleichheit und den nationalen Ausgleich. Denn wie soll man rechtfertigen, dass ein kleines Land wie die Schweiz immer noch 26 verschiedene Lehrpläne kennt? 


Sowohl der LP 21 wie auch der PER setzen also nur einen verfassungsmässigen Auftrag um. Nämlich den Auftrag, die Lernziele zu harmonisieren und einen Katalog von spezifischen Fähigkeiten zu definieren, welche die Schülerinnen und Schüler zum Abschluss der jeweiligen Stufe beherrschen sollen. Damit folgt der LP 21 der im HarmoS-Konkordat vorgegebenen Linie und bringt einen gewichtigen Fortschritt im Hinblick auf die Chancengleichheit und den nationalen Ausgleich. Denn wie soll man rechtfertigen, dass ein kleines Land wie die Schweiz immer noch 26 verschiedene Lehrpläne kennt? 

PER: Die zentralen positiven Punkte

In der Romandie wurde der PER seit 2011 schrittweise eingeführt. Heute werden die Schülerinnen und Schüler quasi in der ganzen Westschweiz gemäss PER unterrichtet. Ich selbst arbeite seit drei Jahren täglich mit dem PER auf Stufe Sekundarschule und kann bestätigen, dass der Lehrplan den qualitativen Anforderungen vollauf genügt. Im Gegensatz zur Meinung einiger reaktionärer Kreise vernachlässigt der PER die Grundkenntnisse keineswegs und hält auch nirgends fest, dass klassischer „Frontalunterricht“ nicht mehr erlaubt sein soll. Die höheren Ziele in der Berufsbildung wurden natürlich ebenfalls beibehalten. 

Parallel zu den einzelnen Schulfächern räumt der PER der fächerübergreifenden Bildung einen wichtigen Platz ein. Diese ist unterteilt in verschiedene Themenbereiche: Nachhaltige Entwicklung (mit dem Ziel, ein kritisches Nachdenken über dieses Thema zu fördern), Staatskunde (mit dem Ziel, die Schülerinnen und Schüler auf eine aktive Teilnahme am öffentlichen Leben vorzubereiten), berufliche Orientierung, Gesundheitsprävention sowie Fragen im Umgang mit Medien und Kommunikationsmitteln. Konkret haben wir beispielsweise verschiedene Fragen rund ums Thema „Wasserwirtschaft“ behandelt, von lokaler bis internationaler Ebene, um die Schülerinnen und Schüler zu einem kritischen Nachdenken über diese aktuelle Problematik anzuregen. Mit solchen Beispielen kann man auch den Einwand von linker Seite, der PER oder der LP 21 seien neoliberale Projekte, widerlegen. 

Schliesslich will der PER auch praktische und soziale Kompetenzen wie Zusammenarbeit, Kommunikation oder Kreativität fördern und entwickeln. All diese Elemente sind sehr positiv und der Lehrplan 21 geht in dieselbe Richtung, auch wenn gewisse Aspekte noch verstärkt und vertieft werden müssen, wie die SP zu Recht fordert. 

Genügend Mittel sind unverzichtbar

Der Lehrplan 21, wie auch der PER, verlangen nach genügend Mitteln, um die hochgesteckten Ziele zu erreichen. Das Erlernen zweier Fremdsprachen (eine zweite Landessprache sowie Englisch) muss ein prioritäres Ziel bleiben und erfordert optimale Bedingungen an allen Schulen (kleine Klassen, geeignete Lehrmittel etc.). 

Generell kann man festhalten, dass die Lehrpersonen über genügend Ressourcen verfügen müssen, um die hohen Ansprüche des neuen Lehrplans umsetzen zu können. Ausserdem muss sichergestellt werden, dass mit Einführung des LP 21 überall angepasste Lehrmittel zur Verfügung stehen, was beim PER nicht in allen Fächern der Fall war. Weiter müssen die Kantone in die Weiterbildung der Lehrerinnen und Lehrer investieren und für optimale äussere Voraussetzungen in den Schulhäusern sorgen.

Aus diesem Grund müssen alle Sparprogramme, welche die Ausgaben für Bildung kürzen wollen und damit die Qualität der Schulbildung gefährden, zurückgewiesen werden. Wir brauchen im Gegenteil zusätzliche Investitionen im Bereich der obligatorischen Schule.    

Die Schule: Ein zentrales Thema der SP

Das aktuell aufgeheizte Klima bestätigt immerhin eines: Die SP muss sich anstrengen, um das Thema Schule und Bildung nicht den rechtskonservativen Kreisen zu überlassen. Wir müssen uns weiterhin für eine offene und tolerante Schule einsetzen, die jedes Kind integriert und kein Kind ausgrenzt. Eine Schule, die über genügend Mittel und Ressourcen verfügt. Eine Schule, die hochgesteckte Ziele verfolgt und auf die Praxis ausgerichtet ist. Eine Schule, die aktive Bürgerinnen und Bürger mit kritischem Denken hervorbringt. 

Die Elemente, die es braucht, um dies zu erreichen, sind ambitionierte und harmonisierte Lehrpläne sowie genügend Mittel und Ressourcen für deren Umsetzung.