20 ans de l’Initiative des Alpes

En 1994, le peuple acceptait l’Initiative des Alpes et ancrait dans la Constitution la protection des Alpes, la limitation du trafic de transit dans les zones alpines et le transfert de la route vers le rail pour les marchandises transitant d’une frontière à l’autre de notre pays.
Depuis, le Conseil fédéral et le Parlement ont tout fait pour retarder l’application de cet article constitutionnel et remettre en question le choix populaire.
D’importants investissements ont été réalisés dans les Nouvelles Lignes Ferroviaires à travers les Alpes (NLFA). Les Valaisan-ne-s peuvent déjà en apprécier les conséquences, avec le tunnel du Lötschberg.
Toutefois, les objectifs de limitation du nombre de poids lourds transitant par les Alpes ne sont toujours pas respectés et on parle même aujourd’hui de construire un 2e tube routier au Gothard. Ce manque de respect de la volonté populaire et de la Constitution n’est pas acceptable!

Pour les 20 ans de l’acceptation du texte, l’Initiative des Alpes (dont je suis membre du comité) organisait une conférence de presse à Berne. Voici mon intervention, en français et en allemand.

14.02.20_20ansinitiativedesalpesfr

L’initiative de l’exploitation

Le 9 février prochain, le peuple se prononcera sur l’initiative contre l’immigration, qui ne conduira qu’à une péjoration des conditions des travailleurs de notre pays.

L’initiative manque de sérieux : elle mélange des problématiques différentes, en mettant dans le même panier les requérants d’asile, les travailleurs européens, les frontaliers ou encore les segundos vivant dans notre pays depuis des années. Les graphiques et chiffres publiés par les initiants (annonçant l’arrivée imminente d’une Suisse à 16 millions d’habitants) montrent le peu de considération que certains accordent à l’intelligence des électeurs.Les partisans semblent également oublier, avec leur texte, que près d’un demi-million de Suissesses et de Suisses vivent dans un pays de l’Union européenne, s’y forment ou y travaillent. Est-ce vraiment un détail ?

L’initiative est dangereuse pour l’économie : elle isole la Suisse et la coupe de son principal partenaire (60% de nos exportations vont vers l’UE). Après dix ans de voie bilatérale, près de 600’000 emplois ont été créés dans notre pays. Difficile d’y
être indifférents. Il suffit d’ouvrir les yeux pour observer le besoin de personnel étranger dans de nombreux secteurs : la santé, l’agriculture, le bâtiment, le tourisme, la restauration,…

L’initiative est inefficace : le système des contingents qui est proposé n’est pas nouveau. Il a été utilisé durant des décennies en Suisse avant l’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) et n’a jamais ni freiné l’immigration ni permis d’éviter des crises. La seule conséquence concrète de la restauration des contingents, c’est la suppression des mesures d’accompagnement, qui sont juridiquement liées à l’ALCP.

Le PS et les syndicats ont un discours clair sur la libre circulation : pour que nous la soutenions, il faut des mesures pour assurer qu’elle profite à toute la population. Ainsi, des investissements sont de toute façon nécessaires dans les infrastructures (FAIF est un excellent exemple), dans la formation (formation continue, stratégie contre la pénurie de personnel qualifié,…), dans la conciliation travail-famille (crèches, congé parental,…) ou encore dans le marché du logement (pour assurer des loyers accessibles). Surtout, les mesures de protection des travailleurs doivent être renforcées (salaire minimum, développement des CCT, lutte efficace contre le travail au noir et le dumping salarial en général, mesures dans les zones frontalières,…).

L’initiative de l’UDC ne résout aucun de ces problèmes. Pire, les élus de ce parti votent systématiquement à Berne contre toutes les mesures évoquées ci-dessus. Vous parlez d’incohérence !?

Finalement, ce que veut l’UDC, ce n’est pas la suppression de l’immigration. C’est une immigration sans aucune protection des travailleurs. C’est la fin des mesures d’accompagnement. C’est le retour au statut de saisonnier. C’est la libre exploitation des travailleurs ! NON le 9 février !

Des plans d’études ambitieux et harmonisés pour l’école de demain !

Depuis quelques mois, le débat est intense dans la presse alémanique au sujet du Lehrplan 21 (LP 21), plan d’études pour la scolarité obligatoire des 21 cantons germanophones ou plurilingues de notre pays. En Suisse romande, la chose peut étonner, étant donné que la mise en place du Plan d’études romand (PER) s’est déroulée dans un climat constructif et sans grands combats politiques.

Le 21 mai 2006, le peuple a accepté à plus de 85% la modification des articles constitutionnels sur la formation. Ainsi, l’article 62 de la Constitution affirme, dans son alinéa 4, la nécessité d’une « harmonisation de l’instruction publique concernant la scolarité obligatoire, l’âge de l’entrée à l’école, la durée et les objectifs des niveaux d’enseignement et le passage de l’un à l’autre, ainsi que la reconnaissance des diplômes ». Ainsi, tant le PER que le LP 21 répondent à une demande constitutionnelle et visent à harmoniser les objectifs de l’enseignement et les attentes particulières en fin de chaque « cycle » scolaire. Cela s’inscrit dans la ligne du concordat HarmoS et apporte une avancée importante en termes d’égalité des chances et de cohésion nationale. Comment pourrait-on justifier qu’un aussi petit pays que la Suisse puisse encore connaître 26 programmes scolaires différents ?

Le PER : principaux points positifs


En Suisse romande, le PER est progressivement entré en vigueur depuis 2011. Dans la quasi-totalité des cantons romands, tous les élèves ont donc aujourd’hui le PER comme programme scolaire. Pour l’utiliser quotidiennement depuis trois ans au Secondaire I, je peux témoigner de la qualité de ce programme. Contrairement à ce qu’affirment certains milieux réactionnaires, le PER ne laisse pas de côté les savoirs de base et n’implique nullement la suppression totale d’un enseignement de type « frontal ». Des objectifs élevés dans les apprentissages de base sont évidemment maintenus. Parallèlement aux domaines disciplinaires, le PER accorde  une place importante à une formation générale, dont les visées prioritaires  sont abordées dans différentes disciplines : l’éducation en vue du développement durable (qui participe à la création de l’esprit critique des  élèves sur cette thématique), l’éducation à la citoyenneté (qui prépare les  élèves à la participation active en tant que citoyens), l’orientation  professionnelle, la prévention sur les problématiques liées à la santé ou  encore l’utilisation des MITIC (Médias, Images, Technologies de l’Information  et de la Communication). Concrètement, on travaillera par exemple dans  différentes disciplines sur la question de la gestion de l’eau, au niveau local  et international, en amenant les élèves à une réflexion sur cette problématique  actuelle. Cela devrait permettre de répondre à ceux qui, à gauche, estiment que  le PER ou le Lehrplan 21 ne sont que des projets néo-libéraux. Enfin, le plan  d’études romand vise aussi le développement des compétences pratiques et  sociales des élèves (collaboration, communication, créativité,…). Ces éléments  sont extrêmement positifs ! Le Lehrplan 21 va également dans ce sens, même s’il s’agit encore de renforcer certains aspects, comme le demande le PS.

Des moyens sont indispensables

Pour le PER comme pour le Lehrplan 21, ces objectifs ambitieux demandent des moyens. L’apprentissage de deux langues étrangères (une deuxième langue nationale puis l’anglais) doit rester un but prioritaire et demande des conditions idéales à l’école (classes de petite taille, matériel adapté,…). De manière générale d’ailleurs, des ressources suffisantes doivent être assurées au personnel enseignant pour la réalisation de ces objectifs élevés. En outre, les manuels scolaires adaptés au nouveau plan d’études doivent être assurés dès l’entrée en vigueur du Lehrplan 21, ce qui n’a pas été le cas dans pour certaines disciplines avec le PER. De manière générale, les cantons doivent également investir dans la formation continue des enseignants et assurer des conditions optimales en classe. Il est indispensable de s’opposer fermement à tous les programmes d’austérité touchant l’éducation et menaçant ainsi la qualité de l’école. Il nous faut, au contraire, obtenir des investissements supplémentaires pour la scolarité obligatoire.

L’école : une priorité pour le PS

Le climat actuel nous confirme au moins une chose : le PS doit se battre pour ne pas laisser ce thème à l’extrême-droite. Nous devons nous engager pour défendre une école ouverte, tolérante, qui intègre chaque enfant. Une école à laquelle sont attribuées des ressources suffisantes. Une école aux objectifs élevés et tournés vers la pratique. Une école qui prépare de futurs citoyens et développe l’esprit critique des jeunes.


Les plans d’études ambitieux et harmonisés, ainsi que des moyens suffisants pour leur application, sont des éléments centraux pour y parvenir.